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« Je voulais faire quelque chose pour la Guinée, je n’ai pas hésité…»

Par JDM avec france-guineeequatoriale.org - 07/04/2014

Titulaire à 6 reprises avec le Nzalang nacional, il a pris en 2008 sa retraite de footballeur et profite de sa nouvelle vie à Barcelone

 

Bonjour Jacinto, merci de nous donner de votre temps. Tout d’abord, à quoi vous consacrez-vous depuis votre retraite en 2008 à l’âge de 26 ans ?
Depuis ma retraite, j’ai fait différentes choses du commerce en informatique au monde de l’éducation. A présent, je suis animateur, je fais du soutien scolaire pour des enfants ayant des problèmes de comportement, d’apprentissage ou d’adaptation. Par ailleurs, je travaille avec ma femme pour notre marque de vêtements « Malabona ». J’ai lancé cette activité comme un passe-temps, mais je crois que cela va devenir une entreprise rentable. Depuis que je ne joue plus au football, je profite mieux de mon temps, je lis plus qu’avant, je dessine, j’écris. En fait, je suis en train d’écrire trois livres différents et il est possible que le premier d’entre eux soit publié d’ici 3 ans. J’ai fait mes débuts comme auteur il y a un mois en illustrant le livre « Postfutbolista » d’Albert Serrano. Et puis, depuis que j’ai arrêté le football, je peux enfin sortir dans la rue sans me cacher le visage, je ne suis plus « Jacinto le footballeur »


Vous êtes né en Guinée. Après avoir été international en Espagne, vous avez choisi de jouer avec la Guinée… Comment s’est prise une telle décision ?
Parce que je voulais faire quelque chose pour la Guinée et parce que je ne pouvais pas être sélectionné avec la Roja. Je n’ai pas hésité. Entre mes parents adoptifs et mes parents biologiques, le choix était simple… Cependant, l’expérience n’a pas été aussi gratifiante que je l’aurais souhaité. En effet, j’aurais souhaité que ma sélection donne un coup de pouce aux jeunes Guinéens, et non pas seulement un divertissement. Je ne suis pas un comédien… Peut-être mon intention de prendre part au monde du football avait-elle quelque chose d’utopique, mais c’est que j’ai grandi avec pou idole George Weah qui s’est impliqué au Liberia en donnant une grand part de ses revenus à des projets sociaux. Un modèle pour moi.

 


© france-guineeequatoriale.org
Jacinto Ela Eyene
Tandis que les experts estimaient que Jacinto Ela avait un talent spectaculaire, pourquoi, selon vous, n’êtes-vous pas parvenu à jouer en Première division ?
Les experts ne se trompaient pas, j’avais du talent, comme vous venez de le dire… Je suppose que si je n’ai pas réussi, c’est parce qu’il faut être le meilleur pour prendre une place et que souvent je ne l’étais pas. Les entraineurs doivent choisir parmi beaucoup de joueurs et on ne peut jamais savoir si ce sera toi…


En 1996, vous avez été nommé meilleur joueur junior du monde. Qu’est-ce qui se passe dans la tête d’un jeune joueur quand on lui dit qu’il est le meilleur du monde ?
Je n’ai pas été très impressionné, et même cela m’a mis à l’aise d’être un temps sous le feu des projecteurs. Cette nomination m’a encouragé à devenir encore meilleur, mais si je crois qu’aucune personne qui m’a vu jouer n’a estimé que ce jugement fût démérité, ils auraient pu l’accorder à bien d’autres… Je suppose que Nike a vu en moi une belle histoire à raconter, un noir espagnol avec un jeu très visuel. De mon point de vue, j’ai été ensuite dans ma jeunesse un bien meilleur joueur que je n’étais à ce moment-là. Le prix était anecdotique. A 12 ans, ce fut un agréable coup de pouce. Et même si j’étais un bon élément de mon équipe, je n’étais pas le meilleur, aussi cela n’a pas énormément compté pour moi.


Votre première expérience internationale a été dans le club de Southampton. Quels sont vos souvenirs marquants de cette époque ?
Au niveau personnel, je n’ai que de très bons souvenirs. Professionnellement, j’y ai passé les meilleurs moments de ma carrière, mais j’ai eu des relations difficiles avec le sélectionneur, Gordon Strachan, auquel j’avais refusé auparavant un contrat de deux ans quand il entrainait au club de Coventry. A 19 ans, quand j’ai quitté l’Espagne, je me suis dit que le pire qui pouvait m’arriver, c’était de devenir anglophone, je devais être visionnaire, car c’est ce qui est arrivé.

Jacinto Ela, vous avez défendu quelques temps le maillot de l’Hércules. Comment pourriez-vous qualifier le club de Valence ?
Comme l’a dit Joaquín (Betis, Valence, Fiorentina, Espagne) : “C’est un gâchis”. Mais, je dois reconnaître qu’après l’Espanyol, c’est un club qui m’est très cher… Un jour, j’y retournerai comme entraineur… Je plaisante (rires), mais je veux dire qu’il est très particulier. C’est un club où il y a une très importante attente du public, qu’il est difficile pour l’équipe de toujours satisfaire.

Vous avez fait une saison au Dundee, en Écosse. Que pouvez-vous nous dire du football écossais qui nous connaissons mal ?
C’était en Deuxième division, mais ça ressemblait plutôt à un club de Troisième. J’ai signé pour deux ans, mais j’ignorais que je n’y resterais pas même un an. Cela a duré 5 ans… C’est typique de ce qui se passe dans certains clubs. L’entraineur licencié, j’étais menacé de rester à Dundee, mais sans pouvoir jouer…


De retour d’Écosse, vous jouez pour Gava, Premià, Gramenet et Logroñés. Est-ce qu’un joueur a la même motivation quand il joue devant un public de 20.000 personnes ou de 500 spectateurs ?
La motivation naît de ses propres aspirations, cela ne se mesure pas au nombre de personne dans les gradins, mais selon les attentes que j’ai eues aux différents stades de ma carrière. Je pouvais jouer à 23 ans avec une grande motivation devant 100 personnes parce que je savais que se jouait la possibilité pour moi d’intégrer le football d’élite… Je l’ai fait aussi quand je jouais pour mes supporters, j’ai aimé leur donner du plaisir en jouant, je pense que tous les joueurs éprouvent cela. Le football, c’est d’abord pour le public.


Vous avez pris votre retraite à 26 ans. Pourquoi avoir arrêté si tôt le football ?
C’est le football qui vous quitte, parce que quand cela arrive, c’est que ce ne sont plus les meilleures conditions pour vous. Quand j’ai signé pour Southampton, je me suis dit que si, à 24 ans, je n’étais pas en Première ou en Seconde division, je me retirerais. Je suis parti à 26 ans et sans aucun regret. La vie est très longue et l’on peut faire mille choses… Aujourd’hui, je peux à peine m’imaginer footballeur professionnel. A l’école, je me sens utile… Je préfère tirer le wagon plutôt que monter dedans…


Pour finir, nous aimerions que vous nous donniez l’équipe idéale composée de 11 grands joueurs avec lesquels vous avez joué.
Je vais choisir ceux avec lesquels je me suis senti bien sur le terrain soit à cause de leur manière de jouer soit à cause de leur caractère. Evidemment, il en manque beaucoup d’autres, mais voici quelle serait ma sélection : 1 Victor Valdés (Salva Balbuena, número 1) 2 Fernando Nuñez 3 Ruslán Elá 4 Alberto Lopo 5 Orlando Gutiérrez Callejo (Moises Hurtado) 6 Javi López (Manolo Martínez)
7 Roberto Merino 8 Daniel Fragoso (Piti Belmonte) 9 Raul Vates (José Rodríguez Parrado) 10 Xavi Molas 11 Albert Crusat (Leandre Griffit)

 

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