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CAN-2019: Stuart Baxter, d’homme à abattre à héros national

Le sélectionneur d’Afrique du Sud, Stuart Baxter, était sur un siège éjectable après le début de CAN raté des Bafana Bafana, mais la victoire surprise sur l’Egypte, pays organisateur, en 8e de finale a fait taire les plus farouches détracteurs de cet entraîneur globe-trotter.

Avant le choc contre l’équipe de Mohamed Salah, les discussions tournaient en Afrique du Sud autour du nom du possible remplaçant du coach de la sélection nationale, qui affronte le Nigeria mercredi en quart de finale (21H00).

L’ex-attaquant Benni McCarthy, recordman du nombre buts marqués en sélection et coach de Cape Town City, était le favori des bookmakers après les défaites des Bafana Bafana face à la Côte d’Ivoire (1-0) et le Maroc (1-0) en poule.

Spectateurs et observateurs critiquaient la tactique ultraconservatrice de Baxter et beaucoup de ses choix, notamment celui de se passer pendant la première phase de Thembinkosi Lorch, meilleur joueur de la saison dernière en Afrique du Sud et buteur contre l’Egypte.

« Le plus important, c’était de proposer un jeu auquel l’Egypte ne s’attendait pas », a balayé l’Anglais qui a entraîné dans une dizaine de pays différents sur tous les continents.

« Je crois que les joueurs nous ont offert une véritable démonstration (tactique), c’était excellent », a ajouté le sélectionneur de 65 ans.

Avant de faire tomber les septuples champions d’Afrique, les Bafana Bafana ont pourtant frôlé l’élimination cinq jours plus tôt, en s’inclinant à la 90e minute contre le Maroc (1-0).

– Premier quart depuis 2013 –

Mais les Bafana Bafana, qui avaient manqué l’édition 2017 de la Coupe d’Afrique, ont bénéficié du nouveau format de la compétition étendue à 24 équipes pour se qualifier, à la faveur de leur petite victoire sur la Namibie (1-0) qui leur a permis d’obtenir une des places de meilleur 3e.

Ils étaient loin d’être favoris face à l’Egypte, soutenue par 75.000 supporters, mais il en aurait fallu plus pour impressionner Baxter.

En 1995, après le tremblement de terre qui avait ravagé la ville de Kobe, au Japon, il avait choisi de rester à la tête du Vissel Kobe et avait mené le club en première division.

Cette expérience a fortement marqué le technicien, qui avait d’ailleurs choisi de retourner à Kobe en 2006 après une première expérience ratée sur le banc de l’Afrique du Sud, conclue par une non qualification pour la Coupe du monde en Allemagne.

Baxter, qui a obtenu un titre de champion de Suède avec l’AIK Solna et dirigé l’équipe nationale de Finlande, a retrouvé l’Afrique du Sud en 2012 en devenant entraîneur des Kaizer Chiefs de Soweto, avec qui il a remporté deux titres de champion et deux coupes.

Choisi en 2017 pour remplacer à la tête de la sélection Ephraim Mashaba, évincé après avoir critiqué le président de la fédération sud-africaine de football, Danny Jordaan, Baxter a de nouveau échoué à qualifier les Bafana Bafana pour la Coupe du monde 2018.

Il avait su les relancer lors des qualifications pour la CAN-2019, avec un succès 2-0 contre le Nigeria, mais ils avaient replongé avec un match nul 0-0 contre les Seychelles.

Déjà sur la sellette, Baxter avait alors été sauvé par un doublé de Percy Tau, synonyme de victoire (2-1) contre la Libye et de qualification pour la Coupe d’Afrique.

« Nous avons notre place dans le tournoi, nous avons montré que nous pouvons être un adversaire coriace pour tout le monde », avait déclaré Baxter, après la défaite des Bafana Bafana en ouverture contre la Côte d’Ivoire (1-0).

L’Afrique du Sud l’a prouvé en retrouvant les quarts de finale pour la première fois depuis 2013 et pourra rêver un peu plus, en cas de victoire sur le Nigeria, d’un deuxième titre continental après celui de 1996.



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