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Changement climatique : l’Afrique à l’écart de la recherche des solutions (Universitaire)

Pendant que se tient à Madrid en Espagne la 25ème conférence de l’ONU sur les changements climatiques (COP 25), l’Afrique, continent le moins émetteur de gaz à effet de serre (GES), continue de souffrir de sa vulnérabilité aux divers impacts du réchauffement planétaire.Les 54 pays d’Afrique qui ne contribuent qu’à hauteur de 4% aux émissions mondiales de GES, selon les statistiques de la Banque Mondiale, sont plus que jamais concernés par le thème de la COP 25 axé sur les océans.

Cependant, « la voix de l’Afrique ne compte pas dans le domaine international parce qu’elle ne peut pas se faire entendre », a fait remarquer le professeur Abdelkader Abderrahim, chercheur à l’institut des Relations Internationales et Stratégiques.

Dans une interview avec APA en marge de la 4è édition de l’Africa Security Forum tenue du 1er au 3 décembre à Rabat (Maroc) sur le thème « L’impact du changement climatique sur la sécurité en Afrique », le Professeur de Sciences-Po Paris reconnait que la gouvernance mondiale est en train d’émerger dans un contexte de troisième révolution numérique.

« Si l’Afrique ne peut faire entendre sa voix par la parole et le dialogue, alors il faut utiliser d’autres méthodes », martèle-t-il, soulignant la nécessité de coordonner et d’harmoniser les politiques des pays africains en vue de faire face au « chantage » du « cynisme international ».

« Il faut un Etat fort capable de donner des directions et de fixer des priorités de l’Afrique », suggère le Professeur non sans reconnaitre que cet « indispensable » leadership n’est « pas facile » à instaurer.

Avec l’émergence de nouveaux acteurs internationaux comme la Russie et l’Inde qui viennent en Afrique avec des idées nouvelles, le continent est « obligé de tenir compte de toutes ces réalités et s’y adapter ».

Face aux nombreux défis de l’Afrique comme le changement climatique sur le continent, M. Abderrahim souligne l’importance d’instaurer des plateformes de rencontres et d’échanges comme l’Africa Security Forum, pour permettre aux décideurs, acteurs de la société civile et chercheurs africains de réfléchir ensemble sur les problématiques et les enjeux de l’heure.

« La coopération sud-sud est indispensable parce que s’il n’y a pas de coopération entre les pays concernés par la question climatique, alors tout le monde va mourir sans que personne ne parvienne à trouver une solution tout seul », souligne le chercheur à l’Iris.

Par ailleurs, il soutient qu’au-delà du changement climatique, d’autres menaces planent sur l’Afrique, notamment la mauvaise gouvernance, le terrorisme et la sécurité alimentaire.

Sur la question du terrorisme fortement liée aux enjeux du développement et de la gouvernance, l’universitaire plaide pour des solutions africaines aux problèmes du continent.

« Pourquoi l’Afrique n’est pas capable de penser des solutions locales en instaurer par exemple un FBI africain ? », s’interroge-t-il.

La mise en place d’un système africain de renseignements permettrait, selon lui, d’anticiper des réponses au terrorisme dans les zones affectées comme le Sahel.

Co-organisée par le Centre de Recherches et d’Etudes Stratégiques Atlantis et le Forum International des Technologies de Sécurité (FITS), la 4ème édition de l’Africa Security Forum qui a pris fin mardi portait sur le thème « L’impact du changement climatique sur la sécurité en Afrique ».

Plus de 350 experts venus d’une soixantaine de pays dont 35 du continent africain ont planché sur trois axes majeurs du thème central de la rencontre : la sécurité alimentaire et la gestion de l’eau, l’accroissement démographique et le développement agricole ainsi que l’anticipation des solutions de demain.



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