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Coronavirus : se déplacer en Italie devient un casse-tête

Se déplacer en Italie, frappée de plein fouet par le nouveau coronavirus, est devenu un casse-tête, surtout dans le nord placé sous quarantaine, où les contrôles se multiplient et de nombreux vols sont annulés.

Le gouvernement a pris dimanche des mesures draconiennes pour endiguer l’épidémie, l’Italie étant désormais le 2e pays le plus touché derrière la Chine avec 7.375 cas dont 366 morts.

Les entrées et sorties d’une vaste zone septentrionale qui va de Milan, la capitale économique, à Venise, un haut lieu du tourisme mondial, sont désormais étroitement limitées, selon le décret gouvernemental.

La compagnie nationale aérienne Alitalia a ainsi décidé de suspendre à partir de ce lundi les vols de tous ses avions au départ et à l’arrivée de Malpensa, le principal aéroport de Milan.

L’autre aéroport milanais, Linate, reste ouvert mais avec un nombre de vols en très forte baisse et uniquement sur des liaisons intérieures, tandis que celui de Venise n’en assure qu’entre la Cité des Doges et Rome, a précisé Alitalia dans un communiqué.

Les deux aéroports milanais restent cependant ouverts aux activités des autres compagnies aériennes, précise Malpensa sur son site internet.

Dans la capitale italienne, les deux aéroports – Fiumicino et Ciampino – ont instauré des mesures préventives pour les passagers en partance, jusqu’ici réservées aux arrivées : la température de tous les voyageurs à destination d’un pays hors de l’espace Schengen est contrôlée avec des scanners thermiques.

Pour faire respecter la quarantaine qui frappe le nord de l’Italie, le ministère de l’Intérieur a prévu toute une série de mesures, notamment des patrouilles sur les principaux axes routiers pour contrôler si les personnes qui en sortent ou y entrent en ont bien le droit.

– Pour aller où ? –

Ainsi, entre la Lombardie, la région du nord sous quarantaine incluant Milan, et la région voisine du Trentin-Haut Adige (frontalière de l’Autriche), des carabiniers vérifient si les personnes ont le droit de se déplacer, notamment en présentant une « déclaration sur l’honneur » qu’ils travaillent bien dans l’une ou l’autre des deux régions, condition suffisante pour se déplacer.

La zone de Lombardie où se trouvait le principal foyer du Covid-19, les petites communes de Codogno et de Casalpusterlengo sont en revanche sorties dimanche soir de la « zone rouge » sous quarantaine.

« Aujourd’hui, c’était la reprise pour ceux qui travaillent en dehors de Codogno, avec toutes les mesures de précaution nécessaires. On peut se déplacer pour le travail, pour des visites médicales, donc avec des limitations, et il y a encore des contrôles de police », a expliqué à l’AFP le commandement de la police de cette localité.

« La dernière chose que j’ai entendue aujourd’hui, que je trouve inadmissible, pour ne pas dire complètement folle, c’est que vu que la Lombardie est bloquée, on peut ouvrir Codogno. Mais on est fou ou quoi ? » s’est insurgé le professeur Massimo Galli, le directeur du Département des maladies infectieuses du prestigieux hôpital Luigi Sacco de Milan, cité lundi par des journaux.

Des militaires et des policiers contrôlaient également la gare centrale de Milan pour assurer le respect des consignes.

Si les déplacements se compliquent dans la péninsule, une autre question se pose : bouger pour aller où ?

Toute l’Italie est en effet concernée par la fermeture des établissements d’enseignement, des discothèques, des salles de sport, des cinémas et des musées, ainsi que par l’annulation des conférences, congrès et salons professionnels, vidant de leur sens la plupart des déplacements.

En outre, les déplacements professionnels sont déconseillés et le télétravail privilégié.

Toutes les autorités du pays martèlent d’ailleurs le même message depuis des jours : « restez chez vous s’il n’est pas absolument indispensable de se déplacer, c’est le seul moyen d’arrêter la propagation de l’épidémie ».


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Publié le 05.04.2019

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