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Des centaines de migrants centro-américains tentent de pénétrer au Mexique

Des centaines de migrants centro-américains se sont heurtés lundi à un tir de barrage de gaz lacrymogène des forces de sécurité en tentant de pénétrer au Mexique par sa frontière sud avec le Guatemala.

Les migrants, arrivés tôt dans la matinée de lundi sur la rive du fleuve Suchiate, à la frontière entre le Mexique et le Guatemala, ont riposté en lançant des pierres aux forces de l’ordre et en les insultant, a constaté une correspondante de l’AFP.

« Laisser nous passer. Posez les mains sur votre cœur », a crié Jorge, un migrant hondurien venu avec sa femme et ses deux jeunes enfants.

Des images vidéo de l’AFP montrent des grappes de migrants, dont beaucoup portaient leurs enfants dans les bras, fuyant les forces de la Garde nationale mexicaine qui tentent de les repousser.

Selon la correspondante de l’AFP, plusieurs dizaines ont réussi à échapper à la Garde nationale et ont pénétré sur le territoire mexicain.

A partir de la ville de Tecun Uman, au Guatemala où ils étaient arrivés ces dernières 24 heures en formant une caravane, les migrants avaient demandé aux autorités frontalières l’autorisation de traverser.

– « Ils nous trompent » –

En l’absence de réponse, ils ont commencé à traverser le Rio le long duquel court la frontière, provoquant la réaction des forces de sécurité qui ont tenté de les arrêter en tirant des gaz lacrymogènes, selon la même source.

« Ils nous trompent, ils expulsent ceux qui ont accepté de s’enregistrer » auprès des autorités, s’est insurgé auprès de l’AFP Tania, elle aussi originaire du Honduras

« La chaleur est intenable, surtout pour les enfants », explique à l’AFP Elvis Martinez, un Hondurien de 33 ans, tout en se pressant de sauter dans la rivière, chaussures au pied.

Samedi, les autorités mexicaines avaient enjoint les migrants de faire preuve d' »ordre et de respect » assurant que des opportunités d’emploi existaient au Mexique pour qui respectera les procédures légales.

Le président mexicain, Andrés Manuel Lopez Obrador, a notamment offert la semaine dernière 4.000 emplois à ces migrants.

Quelque 1.500 migrants originaires d’Amérique centrale, notamment du Honduras et du Salvador, avaient déjà tenté samedi d’entrer illégalement au Mexique, mais en avaient aussi été empêchés par la Garde nationale.

Ils s’étaient brièvement heurtés aux militaires aux abords du pont international Rodolfo Robles, qui relie les deux pays. Un agent de l’Institut national des migrations (INM) leur avait expliqué qu’ils devaient se conformer aux lois mexicaines pour entrer dans le pays.

« Vous entrez irrégulièrement au Mexique, vous devez avoir un visa mexicain ou un document d’immigration. Ne vous exposez pas aux trafiquants d’êtres humains, votre vie est en danger », leur avait lancé cet agent à l’aide d’un porte-voix. « Ne vous laissez pas berner, ce n’est pas dit que les Etats-Unis vous accorderont l’asile ».

Le gouvernement mexicain avait annoncé vendredi le renfort de la sécurité à sa frontière sud en prévision de l’arrivée de cette nouvelle caravane.

– Entreprise vouée à l’échec –

Ces migrants font partie d’une caravane comptant 3.543 personnes, parties mardi soir de la ville hondurienne de San Pedro Sula, dans le nord du Honduras, selon Alejandra Mena, porte-parole de l’Institut guatémaltèque des migrations.

Ils avaient franchi la frontière avec le Guatemala mercredi, déterminés à gagner les Etats-Unis.

L’ambassadeur américain au Guatemala, Luis Arreaga, a toutefois averti que son pays ne les laisserait en aucun cas passer.

« Les migrants qui choisissent de continuer risquent leur vie dans une entreprise vouée à l’échec. On ne leur permettra pas d’entrer ni de s’établir aux États-Unis », a affirmé ce diplomate, cité dans un communiqué de l’ambassade américaine.

Ils effectuent leur périple à pied ou à bord de camions et d’autobus.

Lors d’une première caravane, en octobre 2018, plus de 2.000 personnes s’étaient mises en marche vers le nord dans l’espoir d’entrer aux États-Unis. Au moins trois autres caravanes, moins importantes, avaient suivi au cours du premier trimestre de 2019.

Le phénomène s’était ensuite arrêté en raison du déploiement de militaires aux frontières sud et nord du Mexique. Entre mai et septembre 2019, le Mexique a réduit de 56% le flux vers les États-Unis.



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