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Le climat politique crispé dans plusieurs pays africains en 2019

Le climat politique est resté délétère en 2019 dans plusieurs pays africains secoués par des manifestations anti-gouvernementales. De l’Algérie au Soudan, des mouvements populaires se sont dicté leurs lois.L’Algérie a battu les records des manifestations contre le « régime » enclenchées depuis le 22 février. Malgré l’élection à la présidence de la République de l’ancien Premier ministre Abdelmadjid Tebboune avec un faible taux de la participation de 39,9%, le 12 décembre dernier, les marches se tiennent toujours.

Et ce mardi 24 décembre, au lendemain-même de la mort du chef d’Etat-major de l’armée, le Général Ahmed Gaïd Salah, une des figures de l’après-Bouteflika, les étudiants ont tenu leur 44è marche hebdomadaire.

La manifestation pacifique de vendredi dernier, la première après la prestation de serment la veille de Tebboune, semble révéler une détermination à poursuivre le triptyque du combat du mouvement « Hirak » pour « un État de droit, une justice libre et une presse indépendante ».

Tout a commencé quand l’ancien président Abdelaziz Bouteflika a voulu brigué un cinquième mandat. Après qu’il est poussé à la démission le 2 avril 2019 par le soutien de l’armée, les protestataires réclament la mise en place d’une deuxième République, et le départ de tous les symboles du régime déchu.

Après la disparition du Général de corps d’armée Ahmed Gaid Salah, symbole fort de la lutte contre le mouvement « Hirak », son successeur Said Changriha, chef d’état-major par intérim, aura-t-il la même influence politique ou laissera-t-il au Président Tebboune une marge de manœuvre ?

Au Soudan, le climat politique, déjà confus en fin 2018, a été toujours secoué cette année par des protestations contre le régime d’Omar el-Béchir.

Tout est parti d’un mouvement d’humeur contre le triplement du prix du pain et une pénurie d’essence. La contestation s’est vite transformée en un front politique qui a mené à la chute de l’ancien régime de Omar el-Béchir après 30 ans au pouvoir. Après sa destitution par l’armée le 11 avril dernier, el-Béchir dont le régime est régulièrement accusé de violations de droits humains, a été condamné le 14 décembre par un tribunal de Khartoum à deux ans en « résidence surveillée » pour corruption.

Un an après le premier anniversaire du déclenchement de ce mouvement de contestation célébré le 19 décembre dernier, le gouvernement de transition mis en place en septembre s’attèle a relever une économie exsangue et assise sur une dette de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Tout en prenant la compte du ratio entre les dépenses publiques et le panier de la ménagère !

« Esprit de suivisme »

Comme Denis Sassou-Nguesso en République du Congo en 2015, Pierre Nkurunziza au Burundi en 2015, ou encore Faure Gnassingbé au Togo parmi la dizaine d’exemples en Afrique depuis 2000, le président guinéen semble vouloir imiter ses pairs qui ont changé la Constitution de leurs pays pour rester au pouvoir.

Depuis l’annonce en septembre d’une série de consultations sur la Constitution, une vague de protestations secoue le climat politique en Guinée.

Le projet de troisième mandat attribué au Président Condé a suscité une série de manifestations populaires, déjà soldées par un bilan macabre.

Décrié et contesté par l’opposition et la société civile, le référendum pour une nouvelle Constitution risque d’alimenter la tension.

Avec le boycott annoncé de l’opposition des élections législatives du 16 février initialement prévues le 28 décembre, le Front national pour la défense de la constitution (FNDC) continuera de compter des interpellations dans ses rangs.

En Gambie, le Mouvement « Three Years Jotna » (les trois ans sont révolus), s’érige contre le régime de Adama Barrow dont la promesse électorale en 2016 était quitter le pouvoir au bout de trois ans.

Alors que le président gambien a finalement manifesté son souhait de rester à la tête du pays jusqu’en 2021, les protestations commencent à s’organiser un peu régulièrement. Selon la charte fondatrice de la « Coalition 2016 », le nouveau président devait diriger un gouvernement provisoire pendant trois ans, avant d’organiser une nouvelle élection à laquelle il ne pourrait participer.

« Parfums de troisième mandat »

Même si le sujet est encore « tabou », un air de soupçon se dégage en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Le président Alassane Ouattara n’a pas « explicitement » rejeter l’idée d’un troisième mandat. Et l’ambition politique de Guillaume Soro, ancien président de l’Assemblée nationale pourrait mener à une rebelote des cartes, en perspectives de la présidentielle de 2020. Alors que le fonctionnement et la composition de la Commission électorale indépendante (CEI) continue de diviser le pouvoir et l’opposition.



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