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Pétroliers saisis: ce que l’on sait

Un tribunal de Gibraltar doit décider jeudi du sort d’un pétrolier iranien saisi au large de ce territoire britannique lors d’une opération impliquant des Royal Marines.

Plusieurs autres saisies de tankers ces dernières semaines ont attisé les tensions entre l’Iran d’une part, les Etats-Unis et leurs alliés de l’autre.

Voici ce que l’on sait sur les navires concernés.

– Grace 1 –

Le 4 juillet, un navire-citerne iranien, le Grace 1, est arraisonné au large de Gibraltar (extrême sud de l’Espagne) par la police et les douanes de ce territoire britannique, assistées d’un détachement de Royal Marines britanniques.

Le gouvernement de Gibraltar et les Etats-Unis soupçonnent alors la cargaison de ce bâtiment de 330 mètres de long d’être destinée à la Syrie, « en violation » des sanctions de l’Union européenne. Damas est la cible depuis le début du conflit en 2011 de sanctions internationales qui touchent notamment son secteur pétrolier.

Le capitaine indien du tanker, qui transportait 2,1 millions de barils de pétrole, a indiqué à la BBC qu’un hélicoptère militaire s’était posé sur le pont avant que les Royal Marines ne montent à bord.

L’Iran a qualifié cette saisie de « piraterie maritime » et averti qu’il réagirait.

Téhéran n’a pas officiellement dévoilé la destination du tanker, mais a nié qu’il se rendait en Syrie.

La cour suprême de Gibraltar a annoncé le 19 juillet qu’elle prolongeait la détention du tanker pour 30 jours.

– MT Riah –

Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique du régime iranien, saisissent le 14 juillet un « tanker étranger », accusé de transporter du pétrole de contrebande.

Le tanker a été saisi au sud de l’île iranienne de Larak, dans le stratégique détroit d’Ormuz, selon les Gardiens.

« Avec une capacité de deux millions de litres et 12 membres d’équipage étrangers à bord, le navire était en route pour délivrer du pétrole de contrebande reçu de bateaux iraniens à des navires étrangers », ont-ils indiqué.

L’organisation TankerTrackers, spécialisée dans le suivi des chargements de pétrole, avait alors rapporté avoir perdu le signal du MT Riah, battant pavillon panaméen, le 14 juillet, à partir du moment où il était entré dans les eaux iraniennes.

– Stena Impero –

Le 19 juillet, les Gardiens de la Révolution encerclent le Stena Impero, avant de débarquer sur le pont du tanker dans le détroit d’Ormuz.

Ce navire de 183 mètres est confisqué et conduit dans le port iranien de Bandar Abbas pour « non-respect du code maritime international ». Il est accusé d’avoir ignoré des appels de détresse et d’avoir éteint son transpondeur après être entré en collision avec un bateau de pêche.

Le tanker battant pavillon britannique, propriété d’un armateur suédois, a un équipage de 23 personnes, dont 18 Indiens. Le reste vient des Philippines, de Lettonie et de Russie.

La saisie intervient quelques heures après l’annonce par le tribunal de Gibraltar de la prolongation de la saisie du Grace 1.

Londres appelle rapidement Téhéran à relâcher le Stena Impero, considérant qu’il a été saisi illégalement.

Mais l’Iran affirme que la saisie est une mesure légale et qu’une enquête est nécessaire, niant qu’il s’agisse de représailles comme le suggère Londres.

L’Iran et la Grande-Bretagne ont jusque-là rejeté la possibilité d’un échange de pétroliers.

– Pétrolier non identifié –

Téhéran a saisi un troisième pétrolier le 31 juillet avec sept membres d’équipage étrangers à son bord, assurant qu’il transportait 700.000 litres de carburant de contrebande dans le Golfe.

Les Gardiens de la Révolution ont indiqué avoir transféré le bateau vers le port de Bouchehr (sud) et avoir remis aux autorités ce navire-citerne, en route selon eux pour délivrer du brut à des pays du Golfe.

Ni la nationalité du bateau ni celles des membres de l’équipage n’ont été dévoilées lors de la saisie.



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