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Sommet de la CEDEAO à Ouagadougou sur le terrorisme: plaidoyer pour la protection des civils

En prélude au Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et du G5 Sahel sur le terrorisme prévu le 14 septembre à Ouagadougou, des Organisations de la société civile (OSC) appellent les dirigeants de la sous-région à «placer la protection des civils au cœur des réponses à l’insécurité dans le Sahel».Dans leur communiqué parvenu mercredi à APA, les organisations signataires, qui travaillent au côté des communautés locales affectées par l’insécurité dans les pays du Sahel alertent sur l’importance de placer la protection des civils au cœur des réponses à l’insécurité dans le Sahel  et rappellent le coût humain de la lutte sécuritaire contre le terrorisme.

Selon elles, «les civils sont les premières victimes des conflits qui sévissent dans le Sahel, touché par une crise humanitaire sans précédent».

Elles relèvent qu’en un an, le nombre de personnes déplacées dans la région frontalière entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali a été multiplié par cinq.

«Malgré les différentes mesures mises en place par les Etats de la région, la situation sécuritaire continue de se dégrader, provoquant une augmentation considérable des besoins humanitaires au cours de l’année 2019, où 13 millions de personnes ont actuellement besoin d’assistance», note le communiqué, précisant qu’«aux besoins alimentaires chroniques dans la région, viennent désormais s’ajouter des besoins massifs et continus en assistance alimentaire, en eau potable, hygiène et assainissement, en abris, en santé, en protection et en éducation». 

A en croire les organisations signataires du communiqué, au Burkina Faso, les projections font état de plus de 300.000 personnes déplacées d’ici à la fin de l’année.

«Au Mali, outre les quelques 310.000 personnes déplacées ou réfugiées répertoriées officiellement, 920 écoles sont restées non-fonctionnelles à la fin de l’année scolaire 2018-2019 dans les régions affectées par la crise», peut-on lire dans le même document.

Pour les auteurs de texte, «face à une situation d’insécurité généralisée qui se traduit aussi par une augmentation des conflits intercommunautaires, le tout sécuritaire ne parviendra pas à endiguer la crise dans le long-terme».

Ils estiment qu’«il est dès lors primordial d’impliquer les communautés dans la recherche de solutions au conflit, en donnant une place égale aux hommes, aux femmes et aux jeunes, dans le respect de leurs droits».

De l’avis des organisations signataires, «alors que la crise humanitaire au centre du Sahel ne cesse de s’aggraver et de s’étendre, les chefs d’Etats et de gouvernement de la CEDEAO mais également les bailleurs de fonds et la communauté internationale doivent impérativement continuer à investir pour apporter une réponse aux besoins des populations et faire de la protection des civils une priorité afin que la lutte contre le terrorisme ne vienne pas empirer la situation humanitaire et de protection des milliers de civils déjà impactés par l’insécurité».

Le sommet extraordinaire de Ouagadougou est co-organisé avec le G5 Sahel (regroupant le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad) sur le thème de la lutte contre le terrorisme.

Il s’agit d’une recommandation de la dernière session ordinaire de la conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, tenue en juin dernier à Abuja au Nigéria.


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