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Tanzanie: la santé du journaliste détenu Erick Kabendera se détériore

La santé du journaliste d’investigation tanzanien Erick Kabendera, apparu affaibli jeudi lors d’une comparution dans le cadre de poursuites pour crimes économiques, se détériore, ont soutenu son avocat et l’organisation Reporters sans frontières.

L’arrestation et les poursuites engagées contre ce journaliste indépendant réputé sont pour beaucoup d’observateurs révélatrices de l’érosion de la liberté de la presse en Tanzanie depuis l’élection du président John Magufuli fin 2015.

« Notre client est malade, il marche difficilement suite à la paralysie de son pied droit et il a des difficultés respiratoires pendant la nuit », a déclaré Jebra Kambole, avocat de M. Kabendera, devant un tribunal de Dar es Salaam.

« Nous demandons donc à la Cour d’ordonner aux services pénitentiaires de lui permettre de se faire examiner dans n’importe quel hôpital public pour que nous sachions de quoi il souffre », a-t-il plaidé.

M. Kabendera est apparu affaibli lors de cette comparution pour une audience de procédure, se déplaçant lentement et en boitant.

Mercredi soir, RSF avait appelé les autorités tanzaniennes, dans un communiqué, à « le remettre en liberté et lui permettre d’accéder à des soins appropriés sans délai ». « Plusieurs de ses proches joints par RSF craignent que la détérioration de son état de santé soit liée à son incarcération ».

Lors de l’audience de jeudi, le procureur Simon Wankyo a soutenu que la direction de la prison lui a assuré que M. Kabendera y reçoit des soins. L’accusation a par ailleurs indiqué ne pas avoir achevé son enquête.

« Tout indique une procédure qui relève de l’intimidation pour faire taire un journaliste d’investigation critique du régime tanzanien », a dénoncé Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF, cité dans le communiqué.

M. Kabendera travaille pour des médias nationaux et étrangers, comme The East African, dont le siège est au Kenya. Il a publié plusieurs analyses critiques sur la vie économique et politique dans la Tanzanie du président John Magufuli.

La police avait dans un premier temps expliqué l’avoir arrêté au motif qu’il aurait frauduleusement acquis la nationalité tanzanienne, avant de l’accuser dans un deuxième temps de publication d’informations « fausses et séditieuses ».

Il a finalement été inculpé le 5 août pour évasion fiscale, blanchiment d’argent et crime organisé.

Depuis l’élection de M. Magufuli, des meetings de partis d’opposition ont été interdits, des responsables de l’opposition arrêtés et poursuivis, des journaux fermés et des journalistes et artistes molestés ou menacés de mort, après avoir critiqué le gouvernement.


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