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Nouveau coronavirus: trois morts en Irak, école à distance et prière du vendredi annulée

Au lendemain de l'annonce des trois premiers morts du nouveau coronavirus en Irak, Bagdad a annoncé le lancement de l'école…

Au lendemain de l’annonce des trois premiers morts du nouveau coronavirus en Irak, Bagdad a annoncé le lancement de l’école en ligne et la suspension du commerce avec l’Iran voisin, son deuxième exportateur où l’épidémie a officiellement fait plus de 100 morts.

Le ministère de la Santé irakien affirme avoir recensé 35 cas de contamination, quasiment tous des Irakiens de retour d’Iran, un des plus importants foyers de la maladie après la Chine.

En Irak, écoles, universités, salles de cinéma et autres lieux publics sont officiellement fermés depuis une semaine, même si de nombreux restaurants, centres commerciaux et cafés sont toujours bondés.

Alors que le retour sur les bancs de l’école –prévu normalement dimanche, premier jour de la semaine en Irak– semble de plus en plus compromis, le ministère de l’Education a appelé instituteurs et enseignants du secondaire à dispenser les cours en ligne.

Au même moment, l’autorité en charge des postes-frontières annonçait que le commerce avec l’Iran –qui exporte vers l’Irak chaque année pour neuf milliards de dollars de biens, allant des voitures aux tomates en passant par l’électroménager– était interrompu pour une semaine au moins.

Les deux voisins entretiennent des liens économiques, commerciaux, politiques et religieux très étroits. Mais l’Irak n’autorise plus depuis le mois dernier le passage des personnes –à l’exception des Irakiens rentrant au pays– via la frontière avec l’Iran, ainsi qu’avec le Koweït.

– Lieux saints chiites –

L’Irak redoute particulièrement une épidémie dans les lieux saints chiites, où des pèlerinages réunissent des millions de fidèles venus notamment d’Iran.

Si plusieurs mausolées ont ainsi fermé leurs portes, les dignitaires religieux s’invectivent mutuellement sur le droit ou pas de fermer des lieux de culte.

Le leader chiite Moqtada Sadr a ainsi personnellement poussé à rouvrir le mausolée de l’imam Ali à Najaf, alors que les autorités religieuses de Kerbala ont annoncé une mesure inédite: l’annulation de la prière collective du vendredi dans ce haut lieu saint du chiisme mondial, pour éviter un rassemblement trop important et le risque de contagion.

Les voyages en Iran sont déjà interdits, de même que désormais vers huit autres Etats –dont la Chine, le Koweït, le Bahreïn ou l’Italie par exemple.

Chaque année, des millions d’Irakiens se rendent en Iran pour du tourisme ou se faire soigner, tant le système de santé irakien est indigent –le pays compte, selon l’OMS, moins de 10 médecins pour 10.000 habitants.

Bagdad a annoncé jusqu’ici trois morts, toutes survenues mercredi. Deux décès dans la capitale: une personne qui souffrait de « déficiences immunitaires » et une autre, « âgée de 65 ans et souffrant de diverses pathologies ». Et un troisième à Souleimaniyeh, au Kurdistan autonome.

Un imam de 70 ans qui souffrait de problèmes cardiaques et respiratoires y est mort en quarantaine, selon des sources médicales.

– Prime aux soignants –

Les autorités religieuses de Souleimaniyeh ont interdit jusqu’à nouvel ordre les prières collectives, dont celle du vendredi. Le gouverneur de la ville, Haval Abou Bakr, a annoncé l’interdiction de tout rassemblement dans la province.

Le Salon du livre de Bagdad, très fréquenté chaque année, a été reporté sine die, tandis que les visites aux détenus ne sont plus autorisées à leurs familles.

En outre, de nombreuses administrations –comme celle en charge des permis de conduire ou des titres de séjour– sont quasiment totalement fermées au public et les tribunaux ont annulé de nombreuses audiences, selon l’agence officielle irakienne.

Et la Banque centrale a appelé la population à utiliser des moyens de paiement électroniques plutôt que les billets pouvant être vecteurs d’infection, une consigne qui risque d’être très peu suivi dans un pays où seuls 10% de la population possèdent un compte bancaire.

Dans ce pays de 40 millions d’habitants en pénurie chronique de médecins, de médicaments et d’hôpitaux, la polémique enfle avec de nombreux Irakiens partageant des récits d’hôpitaux ayant refusé des patients disant présenter des symptômes similaires à ceux du nouveau coronavirus.

Jeudi, le ministère de la Santé a annoncé des primes mensuelles de 500.000 dinars irakiens, soient 375 euros, pour le personnel s’occupant de personnes ayant contracté le Covid-19.